Kabylie : une saison de cueillette des olives plus tôt que prévu

Kabylie : une saison de cueillette des olives plus tôt que prévu

En Kabylie, les oliveraies reprennent vie plus tôt que d’habitude. Depuis les premiers jours de novembre, les villages et les hauteurs de Tizi Ouzou voient les familles rejoindre leurs champs, profitant d’un soleil encore doux pour commencer la cueillette. Une activité qui s’annonce riche, tant par la quantité que par l’ambiance qui accompagne chaque saison.

Un retour aux traditions, avec une avance sur le calendrier

Dans les villages comme Ouaguenoun, Aït Aïssa Mimoun, Mekla ou encore Aït Yahia, les habitants ont déjà les mains dans les filets et les paniers. Cette année, les olives ont mûri plus vite, poussant tout le monde à anticiper la récolte. La raison ? Les variations climatiques qui accélèrent parfois les cycles naturels des cultures.

Sur les bords des routes, il n’est pas rare de voir des femmes en habits traditionnels ramasser les olives tombées ou grimper sur les petits escabeaux pour atteindre les branches basses. Une image familière, mais toujours chargée d’émotion.

Les week-ends ensoleillés attirent aussi les familles entières, enfants compris, qui profitent des vacances d’hiver pour prêter main-forte. Le travail n’est pas sans risques, surtout dans les terrains pentus, mais l’enthousiasme l’emporte chaque année.

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Des huileries en activité plus tôt que prévu

Avec l’arrivée rapide des premières récoltes, les huileries (traditionnelles comme modernes) ont ouvert leurs portes dès le début du mois. Dans toute la wilaya, plus de 350 unités sont opérationnelles, dont une grande partie a été modernisée ces dernières années.

Cette mise à niveau est cruciale : elle permet de produire une huile plus propre, mieux filtrée, et capable de rivaliser avec les huiles d’olive des autres pays du bassin méditerranéen.

Une production qui s’annonce remarquable

Les techniciens agricoles et les experts de la filière parlent d’une année « exceptionnelle ».
D’après les estimations locales, près de 600 000 quintaux d’olives devraient être récoltés à Tizi Ouzou, ce qui pourrait donner environ 12 millions de litres d’huile. Un niveau jamais atteint depuis plusieurs années.

À l’échelle nationale, les prévisions sont tout aussi optimistes. Certains spécialistes annoncent une récolte trois fois supérieure à celle de l’an dernier. De quoi espérer une baisse des prix sur les marchés et un soulagement pour de nombreuses familles.

Moderniser pour mieux produire

Face à cette abondance, les professionnels insistent sur les bonnes pratiques :

  • commencer la cueillette au début de novembre ;
  • éviter de stocker les olives dans des sacs plastiques ;
  • triturer les olives rapidement ;
  • entretenir le matériel de trituration pour préserver la qualité de l’huile.

L’ouverture de nouvelles huileries modernes participe aussi à améliorer les rendements et à réduire les pertes.

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Un gaspillage qui pose toujours problème

Malgré les progrès, un point continue d’interpeller les experts : la faible exploitation des sous-produits de l’olivier. Le grignon, les margines et autres résidus, encore trop souvent jetés, représentent pourtant une ressource précieuse.

Ces coproduits pourraient servir à :

  • fabriquer des engrais naturels ;
  • produire du compost pour les oliviers ;
  • alimenter certaines industries cosmétiques.

Aujourd’hui, seule une petite partie est réellement valorisée. Les services agricoles appellent donc à des campagnes de sensibilisation pour encourager les producteurs à récupérer et transformer ces ressources.

Un savoir-faire à préserver

Plus qu’une simple activité agricole, la cueillette des olives reste en Kabylie un moment qui rassemble. Une période où l’on se retrouve en famille ou entre voisins, où l’on partage un repas au pied d’un olivier, où le bruit des bâtons et des rires mêlés raconte quelque chose d’intemporel.

Cette saison 2025, annoncée comme l’une des plus généreuses depuis une décennie, rappelle surtout l’importance de préserver cet héritage. Entre traditions vivantes et modernisation nécessaire, la filière oléicole kabyle continue d’avancer, portée par l’attachement profond des habitants à leur terre.